Paul Bert, l'un des fondateurs de l'école publique

Paul Bert, l'un des fondateurs de l'Ecole Publique

Dès son entrée dans la vie politique, en 1870, l'action de Paul Bert va être centrée essentiellement sur les questions de l'enseignement. Pour lui la défense de la Patrie et de la République passe nécessairement par l'éducation de la jeunesse française. Sa volonté de soustraire l'enfant à la tutelle du clergé, de créer un enseignement public libéré de toute influence religieuses se fonde sur la conviction que le clergé s'oppose à la transmission des connaissances scientifiques et des valeurs républicaines Dans un discours prononcé devant l'Assemblée Nationale le 4 mars 1884, il cite Hugo "Il y a dans chaque village une lumière, et à côté de cette lumière, une bouche qui souffle pour l'éteindre : la lumière, c'est l'instituteur, la bouche, c'est le curé". 

A l'enseignement religieux, il faut donc substituer l'éducation civique. L'école, dit-il, dans un discours prononcé à Auxerre le 19 août 1880, "c'est notre église laïque à nous, où l'on enseigne des vérités scientifiques et démontrables .... , où l'on enseigne les vertus civiques et la religion de la Patrie". 

Paul Bert ne va donc cesser de travailler activement à la mise en place de l'enseignement public et laïque dont il rêve. Au sein du groupe de l'Union Républicaine, il devient rapidement le spécialiste des questions scolaires. Nommé à la présidence de deux commissions parlementaires, il se présentera devant l'Assemblée pas moins de 17 rapports et 21 propositions de lois sur ces questions et intervient inlassablement dans les débats parlementaires, avec un talent oratoire certain. Lors de son passage à la tête du ministère de l'Instruction publique et des cultes dans le "grand ministère de Gambetta", il fait preuve d'une activité débordante et met en place de nombreuses commissions, mais la brièveté de ce ministère ne lui laissera pas le temps de récolter les fruits de ses efforts. 

Ses interventions et propositions portent sur tous les aspects de l'enseignement. Il attache un grand intérêt aux questions pratiques touchant au recrutement, au statut, à la carrière et au traitement des personnels de l'enseignement. Dès 1876, il propose une loi sur la retraite des enseignants, et intervient à plusieurs reprises à l'Assemblée Nationale pour réclamer la revalorisation du traitement des instituteurs.
 Il milite activement, à l'Assemblée comme dans son département, pour la construction d'écoles nouvelles qu'il définit ainsi à Auxerre en 1880 : "il faut que l'école attire l' enfant, qu'elle soit séduisante, agréable... IL faut qu'elle soit ornée, ornementée, parée. Il faut enfin que nous faisions pour elle ce que nos pères faisaient pour leur église ..."
Il se préoccupe aussi de la création de caisses des écoles, de bibliothèques scolaires et municipales, ainsi que du choix des matières à enseigner et du contenu des programmes.
 Son oeuvre la plus importante reste la proposition de la loi déposée le 6 décembre 1879 réformant en profondeur l'enseignement primaire. Bien que cette loi n'ait pas été adoptée telle quelle, Jules Ferry en reprendra les principales dispositions dans plusieurs projets que Paul Bert défendra devant l'Assemblée et contribuera à faire voter (lois de 1881 et 1882 consacrant les principes de la gratuité, de l'obligation scolaire et de la laïcité). Il est également le rapporteur de la grande loi organique de 1886 sur l'enseignement primaire. Bien avant il avait déjà contribué au vote de la loi de 1879 obligeant chaque département à créer une école normale d'instituteurs et une école normale d'institutrices. Il avait aussi soutenu la proposition de loi de Camille Sée, votée en 1880, visant à créer dans chaque département des établissements secondaires pour les jeunes filles.

Il s'intéresse également à l'enseignement supérieur : par la loi de janvier 1879 qui établit la liberté de l'enseignement supérieur, il fait supprimer les privilèges qui avaient été accordés en 1875 aux établissements supérieurs privés. Il propose une loi sur l'organisation de l'enseignement supérieur en Algérie; il contribue à réformer le Conseil supérieur de l'Instruction publique, et participe régulièrement à ses réunions, pour y définir notamment les programmes d'enseignement scientifique.

Malgré une intense activité politique et scientifique, Paul Bert trouve le temps d'écrire de nombreux articles, brochures et plusieurs manuels d'enseignement qui connaîtront un grand succès, sur deux questions qui lui sont particulièrement chères, l'instruction civique et l'enseignement Scientifique. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait joui d'un grand prestige auprès des instituteurs de l'époque, et qu'il ait été considéré par eux, qui le connaissaient bien pour avoir présidé de nombreuses réunions et conférences en province, comme leur meilleur défenseur.

La postérité se montrera ingrate envers Paul Bert, en attribuant à Jules Ferry la paternité de l'oeuvre scolaire de la IIIè République, alors qu'il aurait été plus juste que le nom du savant auxerrois y restât attaché.

Claude Delasselle
 


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